previous up next contents


Interface graphique et interaction utilisateur

 

Nous présentons succinctement l'interface graphique que nous avons implémentée selon les contraintes posées par le modèle des données, décrit plus haut. Le langage utilisé est le langage Java, accompagné des classes du paquet Java Foundation Classes6.18. Le modèle des événements utilisé est celui de Java Development Kit 1.1 (avec donc la notion d'écouteur) en collaboration avec les actions de JFC, qui permettent la définition des opérations qui sont indépendantes de leur visualisation sur l'interface : une action est un objet avec sa propre << vie >> (elle peut être activable ou non activable, etc.) et elle peut correspondre à différents endroits de l'interface graphique (e.g. à une entrée d'un menu et en même temps à un bouton).

L'objectif de cette partie n'est pas de montrer toutes les astuces de l'interface graphique ou du protocole de l'interaction avec l'utilisateur mis en \oeuvre. Nous nous contentons de montrer quelques points que nous jugeons intéressants pour l'implémentation ultérieure de l'interface graphique d'une application ciblée à une tâche interprétative précise.

Présentation générale.
La fenêtre de la fig. A.1 est conçue pour implémenter deux fonctionnalités : donner la possibilité à l'utilisateur d'avoir différents types de << vues >> sur les données du modèle, et de modifier les données textuelles ; pour la modification des données sémantiques nous verrons plus tard (cf. fig. A.3 et A.4) que nous avons implémenté une deuxième fenêtre d'interaction.


  
Figure A.1: Interface graphique : écran de départ

Deux parties modulables (splitview) distinguent, en haut, les << vues >> sur les données sémantiques et, en bas, les vues sur les données textuelles. En bas et à droite se présente la partie de texte qui a été sélectionnée (la racine, une anagnose ou un texte).

Les << vues >> sont implémentées à l'aide de fenêtre internes qui donnent la possibilité d'ajouter de nouvelles vues sans encombrer l'espace visuel, si on en a pas besoin, on les maintient fermées. Dans la fig. A.1 on peut voir qu'il existe pour le moment deux vues sur les données sémantiques et une vue sur les données textuelles. Nous les rencontrerons plus tard.

Pour commencer, l'utilisateur peut choisir soit d'initier un système vierge, soit de charger un système existant. Pour cette démonstration nous choisissons de charger un système que nous avons créé concerne l'analyse d'un intertexte concernant la philosophie néoplatonique, notamment partant du texte Dialectique de Plotin.

Créer une anagnose.
Dans la fig. A.2, partie (a), l'utilisateur examine l'analyse effectuée par un autre utilisateur et dans la même figure, parties (b) et (c), il est en train de créer sa propre anagnose pour traiter le même texte de Plotin, avec un intertexte plus limité que celui de l'autre utilisateur.


  
Figure A.2: L'utilisateur examine une anagnose d'un autre utilisateur et ensuite crée sa propre anagnose
\begin{figure}
\begin{center}
\begin{tabular}{cc}
\epsfig{file=screenshots/it1...
...\linewidth} }\\
\multicolumn{2}{c}{(c)}
\end{tabular} \end{center} \end{figure}

Avant de pouvoir créer une anagnose et, en général, avant de pouvoir modifier les données du modèle, l'utilisateur doit s'identifier par son nom (cf. le menu de la fenêtre dans la fig. A.1).

Construire une CS de niveau zéro.
Nous allons suivre de loin la construction d'une isotopie du trait sémantique `élévation' dans le texte Dialectique de Plotin, concernant les termes `âme', `intelligence' et `Bien'. Pour expliciter cette interprétation un utilisateur aura besoin de réutiliser ou peut-être même de construire des interprétations partielles qui nous fourniront l'information sémantique nécessaire pour la construction de l'interprétation.

Nous montrons comment construire une attribution sémantique de niveau zéro (c.-à-d. lexicalisée dans un texte) concernant la lexie `âme'. Le texte en question est Phèdre de Platon. Nous y trouvons de manière très explicite que ``l'âme a des ailes''. Dans la fig. A.3, l'utilisateur explicite cette information.


  
Figure A.3: L'utilisateur construit une CS de niveau zéro
\begin{figure}
\begin{center}
\begin{tabular}{cc}
\epsfig{file=screenshots/as1...
...as5.ps,width=0.5\linewidth}\\
(c) & (d)
\end{tabular} \end{center} \end{figure}

Pour la modification du matériau sémantique, l'utilisateur a accès, par l'intermédiaire du menu de la partie (b) de la fig. A.2, à une fenêtre spécialisée, c.-à-d. la partie (a) de la fig. A.3. Il commence par déterminer le type de la CS (il y en a quatre pour l'instant, cf. la partie (b) de cette figure) et l'information sémantique nécessaire pour la construction de l'interprétation (dans ce cas, la construction est triviale, puisque la classe est de niveau zéro). Les éléments peuvent être choisis à l'aide de menus déroulants (combo boxes) contenant la totalité des lexies du texte analysé (cf. la partie (c) de la figure). Une fois terminé, l'utilisateur valide sa sélection et la classe est construite en bas de la fenêtre (partie (d) de la même figure).

Construire une CS de niveau k>0.
Quand l'utilisateur pense que les interprétations partielles qui sont nécessaires pour la construction de son isotopie, existent ou sont construites, il peut procéder à la construction d'une CS de niveau k>0.

Nous remarquons que cette construction est intertextuelle, c.-à-d. elle utilise des interprétations établies dans un ou plusieurs autres textes. L'isotopie sera construite dans le texte Dialectique de Plotin et elle utilise au moins une interprétation, que nous avons construit auparavant, établie dans le texte Phèdre de Platon.

Pour la construction de l'isotopie d'`élévation' ce que l'utilisateur doit déterminer, c'est le type de la construction (dans ce cas isotopique), les éléments de la CS et les sources sémantiques ou interprétants sémantiques nécessaires à la construction de la nouvelle CS (cf. la partie (a) de la fig. A.4).


  
Figure A.4: L'utilisateur construit une CS de niveau k>0
\begin{figure}
\begin{center}
\begin{tabular}{cc}
\epsfig{file=screenshots/as6...
...as7.ps,width=0.5\linewidth}\\
(a) & (b)
\end{tabular} \end{center} \end{figure}

Pour faciliter le choix des sources sémantiques, le système lui propose un ensemble de CS établies dans le texte qui est analysé (la Dialectique de Plotin) ou dans les autres textes de l'anagnose actuelle (e.g. les CS établies auparavant dans le texte Phèdre de Platon)6.19, cf. la partie (b) de la figure.

Dans cet exemple, l'utilisateur a pu justifier son interprétation en démontrant au système que les termes `âme', `intelligence' et `Bien' possèdent tous les trois le trait `élévation' dans l'anagnose actuelle, ce qui lui permet de procéder à la construction de la CS de type isotopique avec les trois termes comme éléments.

Présentation des interprétants d'une CS.
La construction que l'utilisateur vient d'effectuer est enregistrée et il peut l'examiner dans les << vues >> du matériau sémantique. Dans la présentation arborescente de la vue appelée Arbre de CS (cf. la fig. A.1), une CS est un n\oeud dont les enfants sont les CS qui ont été utilisées pour sa construction ( CS interprétants).


  
Figure A.5: << Vues >> sur le matériau sémantique
\begin{figure}
\begin{center}
\begin{tabular}{cc}
\epsfig{file=screenshots/it2...
...it3.ps,width=0.5\linewidth}\\
(a) & (b)
\end{tabular} \end{center} \end{figure}

Pour l'isotopie `élévation' que l'utilisateur vient de construire, la fig. A.5, partie (a), présente sous le n\oeud de la CS construite (cf. la fig. A.4, partie (b)) les trois CS sources.

Dans la partie en bas et à droite de la fenêtre, c.-à-d. le texte dans lequel cette CS a été établie (la Dialectique de Plotin) le système identifie les éléments de la CS. Nous avons utilisé quatre types de traits visuels, gras, souligné, italique et en couleur qui peuvent être combinés pour la présentation simultanée de jusqu'à quatre CS dans le même texte.

Dans la partie (b) de la même figure, la même CS peut être examinée de manière plus détaillée (cf. aussi la fig. A.7).

Rechercher les analyses d'un terme.
Nous allons ensuite présenter deux cas d'utilisation particuliers concernant une tâche d'interprétation relative à une sémantique lexicale. La première question que l'on peut poser au système, étant donné un terme qui nous intéresse, est la suivante : << Quel lecteur et dans quelle anagnose a-t-il analysé ce terme ? >>


  
Figure A.6: Qui et dans quel anagnose a analysé un terme ?
\begin{figure}
\begin{center}
\begin{tabular}{cc}
\epsfig{file=screenshots/it4...
...t5.ps,width=0.5\linewidth}\\
(a) & (b)
\end{tabular}
\end{center} \end{figure}

Puisque le terme est une lexie6.20, l'utilisateur déplace la colonne correspondante dans la vue du matériau textuel, cf. fig. A.6, partie (a) et trie les lignes du tableau par rapport aux contenus de cette colonne (en cliquant sur l'en-tête). Dans l'exemple de la fig. A.6, partie (b), le terme `âme' est analysé dans trois textes et par deux lecteurs (dans une anagnose créée par chacun des lecteurs).

Rechercher la charge sémantique d'un terme.
Une deuxième question qu'un utilisateur peut poser au système concerne plus particulièrement la charge sémantique que les lecteurs ont attribuée au terme qui l'intéresse dans les différentes anagnoses. L'utilisateur peut effectuer de telles recherches dans la << vue >> du matériau sémantique, appelée Tableau de CS (cf. A.1) où les CS sont présentées sous forme de tableau.


  
Figure A.7: Charge sémantique d'un terme

Dans la fig. A.7, et procédant de manière identique qu'auparavant (tri par rapport à la colonne des lexies) le terme `âme', dans différents contextes :


previous up next contents
Theodore Thlivitis, 1998