Même si le terme << intertextualité >> est généralement défini comme << les relations entre les textes >>, la pluralité des points de vue sur cette notion oblige à établir, dès le départ, quelques points de repère pour les différentes approches.
Une première classification importante tient compte des rapports entre l'intertextualité et l'idéologie sous-jacente. Nous distinguons la version << forte >> et la version << faible >>. La seconde considère l'intertextualité comme une propriété de quelques textes. La version << forte >>, au contraire, considère l'intertextualité comme une propriété de la littérature même. Riffaterre et Genette identifient l'intertextualité2.16 à la littérarité même. Prenons par exemple cette citation de Genette :
Plus qu'un mode naturel selon lequel opère la littérature, l'intertextualité est aussi considérée comme une révolution par rapport aux approches de la littérature traditionnelle (Barthes, Kristeva). Mais il n'existe pas encore de théorie intertextuelle générale expliquant clairement ce nouveau mode opératoire de la littérature.
Nous percevons, quant à nous, l'intertextualité à travers les potentiels opérationnels d'une application informatique. Nous nous intéressons donc à l'intertextualité principalement comme une propriété du traitement sémantique des textes liée à la construction du sens par le lecteur [37] et non pas comme une propriété inhérente aux textes. Le débat entre une théorie forte ou faible, traditionnelle ou révolutionnaire ne nous concerne pas directement. Nous essayons de fournir à l'utilisateur les moyens qui lui permettent d'exprimer l'espace intertextuel où il situera son analyse ainsi que les relations intertextuelles que lui-même juge adéquates pour parvenir à son objectif (cf. plus tard sur l'importance du lecteur).
Nous examinons par la suite la notion d'intertextualité par rapport à la situation de communication. Cet examen nous intéresse particulièrement car il dévoile les rapports que nous admettons entre l'intertextualité et le contexte (linguistique ou non) d'une interprétation, produite lors d'un acte de communication sous-jacent [57].