Pendant ce travail, qui reprend la Sémantique Interprétative et les théories de l'intertextualité et les réinterprète synthétiquement en tant que méthodes (outils) théoriques pour les besoins applicatifs d'un cadre opératoire unifié, la Sémantique Interprétative Intertextuelle, nous avons fait quelques constatations et nous avons établi quelques hypothèses que nous allons essayer, dans les chapitres qui suivent, de rendre opératoires :
Pour le mot et la phrase ceci est évident. Pour le texte, il est très souvent nécessaire d'utiliser explicitement des informations dans de commentaires, notes biographiques, textes du même genre, etc. sans compter les références implicites ou explicites aux dictionnaires, encyclopédies, etc. Elles constituent, toutes, des ressources textuelles externes au texte
global)
local)
local, au sein d'une localité
englobante)
Seulement la première des trois directions concerne un sens immanent.
En deux mots et en risquant d'être trop laconiques :
Un des principes de la SII, ayant comme objectif de mieux organiser la matière sémantique et textuelle pour une réutilisation informatique efficace, est l'intégration de trois notions fondamentales sous le nom de classe sémantique généralisée ( CS) : interprétation, intertextualité et interprétant sémantique sont pris en compte pour éviter les attributions sémiques arbitraires et/ou non réutilisables. Une telle entreprise repose sur trois principes :
Ce mécanisme d'interprétation appuyée sur des interprétants possède la propriété suivante. Lors de l'analyse d'une partie d'un texte le lecteur utilise les traits sémantiques afférents : dans le cadre de la SII cette afférence n'est pas directe mais elle doit être basée sur des interprétants, probablement venant d'autres textes, donc des interprétants intertextuels. Ces interprétants sont issus précisément de l'interprétation d'autres parties textuelles. Et pour interpréter chacune de ces parties (situées par exemple dans différents textes) un nouvel ensemble d'interprétants aura été nécessaire, complexifiant ainsi le parcours interprétatif. Tandis qu'un trait sémantique inhérent en langue est issu de l'interprétation directe d'un dictionnaire (parcours en une seule étape).
C'est d'ailleurs ce qui était prévu par F. Rastier dans
[60] : << la distinction entre sèmes afférents et sèmes
inhérents reste relative : elle ne marque une différence de degré
plutôt que de nature, si l'on considère la longueur et la complexité
des parcours interprétatifs qui permettent de les actualiser. >>
(p.55). L'intégration de l'interprétant intertextuel dans la
définition d'une CS explicite une facette de ces parcours
interprétatifs. Nous pouvons légitimement espérer que, dans le cadre
de la SII, une afférence abusive et totalement arbitraire demandera
une longue chaîne de passages << interprétation
interprétant
interprétation >>. Si ce long parcours
interprétatif ne dissuade pas un lecteur trop productif, il pourra du
moins servir à fonder des comparaisons entre différentes
interprétations.