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Classe de niveau k>0

 

Définie sur un ensemble d'entités positionnées dans la même entité englobante, la classe de niveau k>0 constitue, en gros, une construction d'une SST ${\mathcal S}$ à partir d'un ensemble de classes attribuantes reliées intertextuellement ( ${\mathcal L}$) avec les entités positionnées.

Autrement dit, la définition d'une classe de niveau k dépend des définitions d'un ensemble de classes de niveau k'<k. Forcément, la définition est récursive, la base de la récursion étant la classe de niveau zéro, définie auparavant.

Nous utilisons la même hypothèse, selon laquelle une interprétation peut devenir interprétant pour une nouvelle interprétation dans le même texte ou dans un autre texte ; une hypothèse que nous élevons au rang de principe herméneutique opératoire. Ainsi, une CS de niveau k=1, correspond intuitivement à une interprétation qui n'est pas complètement explicitée par l'auteur (ce qui est le cas pour les $\mathit{int}^{(0)}$) mais qui peut être complètement construite en utilisant seulement des interprétants << directs >>, c.-à-d. des CS de niveau zéro, venant, en général, de différents textes. Par exemple, une classe isotopique /nature/ dans un poème de Verlaine, aura un niveau k=1 si par exemple toutes les attributions sémiques sont retrouvées en tant que classes de niveau zéro dans un dictionnaire.

Une CS de niveau k=2 aura besoin d'au moins une CS de niveau k=1, etc. Une CS de niveau k sera donc intuitivement plus << complexe >> qu'une classe de niveau k'<k au sens où le parcours pour sa constitution depuis une CS de niveau zéro est plus << long >> que celui de la CS de niveau k'. Cette << longueur >> est en réalité l'indice des ressources sémantiques intertextuelles nécessaires à sa mise sur pied. Par exemple une CS qui correspond à une combinaison de deux composantes sémantiques (e.g. thématique + tactique) sera généralement située à de niveaux plus hauts que les CS relevant d'une seule composante.

Pour définir une CS de niveau k sur un ensemble E d'entités positionnées nous avons besoin principalement d'un ensemble d'informations sémiques pour ces éléments, présentées sous forme de classes attribuantes issues de CS de niveaux k'<k, ainsi que d'une << propriété organisatrice >> de l'information sémique pour la CS, c.-à-d. du type c de construction. Comme la définition risque d'apparaître fort complexe nous la présentons en étapes, en construisant au fur et à mesure les unités formelles dont nous aurons besoin.

Éléments effectifs
: un ensemble d'entités positionnées dans une même entité englobante : $E=\{e_1, ..., e_n\}$, avec $\forall
j,m\in\{1,\ldots,n\} : {\text{\sc id}_{ref}}_p(e_i,e_j)$.

Ce sont les éléments qui seront effectivement organisés sémantiquement par la CS. Ceci implique que la classe concerne toujours l'intra d'une entité, c.-à-d. des parties d'une seule entité textuelle. Par contre, comme nous le verrons tout de suite, l'information sémique de la classe peut provenir de sources externes à l'entité englobante. Nous parlons donc de CS intertextuellement construites.

En d'autres termes, une CS, même si elle utilise diverses sources sémiques, elle est applicable seulement à des entités situées dans un contexte textuel précis (une seule entité englobante).

À ce point nous constatons une différence majeure avec la définition d'une CS de niveau zéro. Dans cette dernière, tous les éléments (effectifs et éléments qui servent comme information sémique) doivent être positionnés dans l'entité englobante, alors que pour une classe de niveau k>0 les éléments responsables pour l'information sémique ne sont pas forcément dans l'entité englobante (cf. le paragraphe suivant).

Sources d'information sémique,
c.-à-d. un ensemble P de liaisons intertextuelles (en effet, de couples d'entités qui sont intertextuellement liées) concernant tous les éléments effectifs (au moins une par élément) :


\begin{displaymath}P=\cup_{e,i}\{(e,i)\}\end{displaymath}

tel que :
1.
e est un élément de la CS: $e\in E$
2.
i est une classe attribuante issue d'une CS de niveau k'<k :

\begin{displaymath}i=\mathit{T}_a(e',\mathit{int}^{(k')}), k'<k, e'\in \mathit{Lp}\cup \mathit{Tp}\cup \mathit{Ap}\end{displaymath}

3.
e et i sont intertextuellement liés :

\begin{displaymath}{\mathcal L}(e,i)>0\end{displaymath}

4.
P concerne tous les éléments effectifs (ensemble E) de la CS:

\begin{displaymath}\forall e\in E, \exists (e,i)\in P\end{displaymath}

5.
au moins une CS de niveau k-1 est utilisée en tant que classe attribuante (principe de la récursion) :

\begin{displaymath}\exists (e,i)\in
P : i=\mathit{T}_a(e',\mathit{int}^{(k-1)})\end{displaymath}

P englobe plusieurs informations. Il contient tous les éléments de la classe (par la première projection des éléments-couples). Il contient aussi un ensemble d'informations sémiques concernant les éléments (par les classes attribuantes plausibles, c.-à-d. les classes attribuantes avec une liaison intertextuelle non nulle, ${\mathcal L}>0$). Cette information sémique, à son tour, sous la forme d'une classe attribuante, suppose une autre classe sémantique ; donc elle concerne une entité englobante ep' (e.g. un autre texte) d'où au moins un élément de la nouvelle classe tire son information sémique. L'entité ep' peut être la même que l'entité englobant les éléments de E, et, dans ce cas, l'information sémique est << intratextuelle >> (e.g. la classe $\mathit{int}^{(0)}_2$ du schéma 4.7). Elle peut aussi être différente et l'information sémique est dans ce cas << intertextuelle >> (cf. schéma 4.7).


  
Figure: Sources d'information sémique. Les trois classes sources ( $\mathit{int}^{(0)}_1, \mathit{int}^{(0)}_2, \mathit{int}^{(0)}_3$) viennent de trois textes différents (sources intertextuelles)
\begin{figure}
\begin{center}
\input{figs/sourcesDInfoSemique.pstex_t}
\end{center} \end{figure}

Ce qui manque encore à la définition de la classe de niveau k>0 est la façon dont ces informations sémiques sont effectivement utilisées et, donc, comment les éléments de P se combinent pour former une nouvelle SST.

Construction (${\cal K}$) d'un ensemble de SST
: c'est le résultat de l'opération ${\cal K}(P,c)$, où $c\in{\cal T}$ est le type de la construction (e.g. isotopique, cf. p.[*] et 4.3.4 où les significations de chacune des constructions est formellement définie).

Le résultat de l'opérateur de construction ${\cal K}$ est un ensemble de structures ${\mathcal S}$ qui peuvent être construites à partir de l'information sémique dans P et du type de construction c. Nous exprimons quelques propriétés que la SST ${\mathcal S}$, résultat d'une telle construction, doit posséder :



Contraintes SST:

1.
la structure ${\mathcal S}$ utilise seulement les informations sémiques des CS de P, c.-à-d.:

\begin{displaymath}\displaystyle{\cal E}({\mathcal S})\subseteq
E\cup_j\{{\cal ...
...: (e,
\mathit{T}_a\left(e',\mathit{int}^{(k_j)}_j)\right)\in P\end{displaymath}

(avec, bien sûr, $k_j<k, \forall j$)
2.
la structure ${\mathcal S}$ concerne chacun des éléments de la CS résultat :

\begin{displaymath}{\cal E}_f({\mathcal S})=E\end{displaymath}

Définition
$\mathit{int}^{(k)}=(P,c,{\mathcal S})$, avec ${\mathcal S}\in{\cal K}(P,c)$

P et c (i.e. l'information existante et l'indice de sa réorganisation) sont en quelque sorte combinés pour exprimer une présomption de construction effectuée par l'utilisateur. Selon ses objectifs, il choisit un type de construction (e.g. isotopique) et un ensemble de sources d'information (e.g. sélectionnées dans le corpus des autres \oeuvres du même auteur) et il essaie de construire la nouvelle CS qui exprime le mieux sa vision interprétative.

Plusieurs scénarios applicatifs sont en réalité envisageables. L'utilisateur peut donner P et c et dans ce cas le système gère la plausibilité ( ${\mathcal L}$) et la cohérence (contraintes) de la construction. Il peut aussi donner le type de construction c et laisser le système chercher l'ensemble P dans l'univers intertextuel établi (e.g. même anagnose), ou vice versa, donner P et laisser le système lui proposer une construction c qui conduit à une ${\mathcal S}$ utilisant un maximum des informations disponibles. Dans le cas moyen, l'utilisateur interagit avec le système pour arriver à un couple (P,c) cohérent et bien utilisé.



 
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Theodore Thlivitis, 1998