Un lecteur, même s'il est actif, peut être << guidé >> par un protocole informatisé intratextuel (e.g. [78], [77], [76]) ou intertextuel ( SII), et assisté peut-être par un expert.
Dans un cadre d'enseignement assisté, il est possible de donner la possibilité à un << hyper-lecteur >> (expert, professeur) de contrôler les analyses effectuées par des << hypo-lecteurs >> (novices, élèves). C'est le cas de l'enseignement d'une méthode interprétative intertextuelle, par exemple celle de la philologie classique. L'élève doit analyser un texte mais risque de perdre l'essentiel dans la multiplicité des possibilités interprétatives. Quelques points de répère, ainsi que quelques rapprochements a priori peuvent assister ses efforts [41], [79] :
Un autre type de lecteur dans un tel système d'intertextualité (fondé sur une SII) est constitué à l'aide de l'interaction de l'utilisateur avec les analyses des autres utilisateurs. En tant que << navigateur >> intertextuel, l'utilisateur peut consulter d'autres analyses, en imposant des critères de choix sémantiques intra- ou intertextuels. Par exemple, il peut demander toutes les attributions sémiques sur un mot dans les analyses caractérisées comme critiques littéraires dans un corpus précis. Ou, de manière plus étendue, il peut consulter les transformations intertextuelles avec le trait /ironique/ (si une telle relation est définie dans le système) dans un ensemble de corpus donné.
Ainsi, à l'aide du système informatique et de quelques critères de sélection, le lecteur utilise l'expérience interprétative existante (et ayant été convenablement stockée). En l'assimilant, il produit une nouvelle interprétation qui, idéalement, incorpore cette expérience. Même si l'on n'arrive pas à la notion d'archi-lecteur, on en capte sans doute quelques aspects, comme par exemple celui d'une mémoire interprétative collective2.22.
Il faut noter ici que la méthodologie de la Sémantique Interprétative Intertextuelle (cf. les chapitres suivants) oblige à l'explicitation des sources sémiques à l'origine de la constitution d'une classe sémantique. Le lecteur est donc indirectement incité à réutiliser les interprétations existantes, en y apportant sa propre interprétation. De cette manière, nous proposons le dépassement, à la fois, de la volonté d'atteindre une juste objectivité descriptive et de la liberté d'une subjectivité descriptive totale2.24 en les remplaçant par un consensus inter-subjectif, issu de l'interaction multi-utilisateur avec un espace commun d'analyses et soutenu par une méthode de travail interprétatif qui incite à la consultation et à la réutilisation récurrentes.